Clinique au-delà des Murs

Mardi 8 juin 20h30


Le CNE, outil de l’évaluation pour les affectations des longues peines

Le Centre national d’observation (CNO), qui jouxte aujourd’hui la maison d’arrêt de Fresnes, inauguré en 1951, devait favoriser, pendant six semaines, l’« observation » des détenus condamnés à de longues années de prison. Objectif : leur proposer l’établissement le plus adapté possible. La promulgation en février 2008 de la loi sur la rétention de sûreté a modifié l’héritage de ses fondateurs : une conception de la détention nourrie par l’idée que la peine doit avoir un sens, et que le détenu ne peut être réduit à l’acte pour lequel il a été condamné.

Depuis cette loi en effet, l’administration pénitentiaire cherche à en faire l’outil d’une évaluation de la « dangerosité » des détenus, notion complexe parfois très polémique qui va à rebours de l’analyse approfondie que les cliniciens sont habitués à pratiquer. Mêlant éléments socio-sanitaires et psychologiques, ils travaillent avec l’idée que l’acte criminel est indissociable de l’histoire du détenu et de ses ruptures. Et que ce dernier est susceptible d’évoluer. Notre invitée pour cette soirée témoignera, à partir d’un ou deux exemples, du travail spécifique d’évaluation et d’affectation des détenus. Voici la présentation de son exposé.

Mylène HARTER, psychologue au Centre National d’Evaluation (Ancien CNO). Le Centre National d’Evaluation reçoit des détenus condamnés à de longues peines (plus de 10 ans) dans une visée d’affectation. Il reçoit également les personnes ayant été condamnées à une peine de réclusion criminelle à perpétuité qui demandent l’octroi d’une libération conditionnelle à l’issue de leur période de sûreté. A travers la présentation du CNO (devenu récemment Centre National d’Evaluation), des missions qui lui incombent et de la façon dont l’équipe pluridisciplinaire y répond, nous aborderons l’épineuse question de l’évaluation de la dangerosité, sous un angle pratique et éthique. Dans un second temps se posera le débat autour de l’obligation et de l’injonction de soins à la sortie des longues peines. Quel sens peut-elle avoir après plus de 20 ans d’incarcération sans aucune rencontre avec un « psy » ? Faut-il voir cette injonction sociétale comme un outil thérapeutique ou de contrôle social ? Que pouvons-nous attendre réellement de cette injonction ?


Renseignements : Dario Morales : 06 61 72 46 48, José Rambeau, 01 46 60 13 45

Salle annexe, Amphi Morel (Pavillon Magnan)

Centre Hospitalier Sainte-Anne, 1, rue Cabanis, 75014, Paris, M° : Glacière

%d blogueurs aiment cette page :