Editorial Septembre 2012

Posted on 23 septembre 2012


 

42è Journées de l’ECF

Autisme et psychanalyse

Politique de la psychanalyse

6 et 7 octobre 2012 à Paris

« Il n’y a pas de rapport sexuel corrélatif du Yadl’Un. […] Il y a le corps. » JAM

Inscription : http://www.causefreudienne.net

Blog : http://www.42journees-ecf.org

Par la voix d’un petit lobby militant, le traitement clinique de l’autisme s’inscrit dans le débat public en clouant la psychanalyse au pilori. Menaces d’interdiction, pamphlets satyriques, voire propos outrageant sont les armes aiguisées de ce groupe de pression ! En ordre de marche les tenants de protocoles hyperééducatifs investissent le monde politique, inondent l’univers des médias à la conquête d’un nouveau marché. En rang serré, ils mobilisent des universitaires et une certaine science prônant LE remède miracle. Faire advenir une idéologie qui n’autorise aucune dialectique, constitue leur objectif avoué. Leur dogmatisme se veut être la voie de la vérité. Leur scientisme milite pour un modèle unique valable pour tous. Leur choix de société invalide le discernement singulier. Au nom de l’universel, porté à son paroxysme, l’unique, propre à chacun, est forclos et relégué aux oubliettes de l’histoire. Au nom de l’efficacité et d’un bien supposé au sujet, ils justifient tous moyens coercitifs.

Mais le débat actuel s’étend dores et déjà vers un au-delà de l’autisme. Leur marketing avéré, vend un modèle d’une politique mercantile du soin. S’il tente aujourd’hui de saborder la clinique, la valorisation de leur produit s’étend insidieusement à toute structure de soin, toute institution médico-sociale, tout établissement pédagogique, tout praticien, tout professionnel, tout enfant scolarisable, toute femme et tout homme. Il s’agit d’imposer une conception unique de l’Humain : efficace, évaluable, chiffrable… et bon consommateur. Il s’agit de l’étendre, via la même méthode, à un dépistage systématique de chaque enfant, à un chiffrage précis de chaque salarié, à un formatage méticuleux de chaque consommateur. Il s’agit de le généraliser à tout apprentissage scolaire, à tout management, à tout acte d’achat. Ici, nulle alternative possible.

Au cours des 42e Journées de l’ECF, nous entendrons comment la psychanalyse prend en considération, via le un par un, les difficultés d’un être parlant, aux prises avec le langage et le corps. Comment elle intervient avec la souplesse, la finesse et le respect qui sied à chacun selon son symptôme. Comment elle pose des actes avec la précision d’un orfèvre.

L’abord est alors tout autre. L’analyste ne s’appuie pas sur un étiquetage ordonné par des consortiums pharmaceutiques, ni sur des a priori ready made. L’analyste prend en compte ce qu’il y a de plus singulier chez chacun afin qu’un traitement soit possible. Il oriente sa pratique sur une rencontre singulière. Il ouvre des voies singulières afin que le sujet élabore ses propres inventions, construise son bricolage. L’analyste ne laisse pas le sujet aux prises avec son autisme, propre à chacun d’entre nous. Il l’extrait de sa parlotte autistique comme il fait barrage à un autisme à deux. Au cours de nos 42e Journées, dont la portée politique de la psychanalyse est majeure, nous aborderons le dernier enseignement de Lacan éclairé par Jacques-Alain Miller, « C’est […] sur la solitude de l’Un tout seul que prend son départ le dernier enseignement de Lacan » note J.-A. Miller dans son cours du 4 mai 2011. Dernier Lacan que J.-A. Miller circonscrit le 18 mai 2011, dans ces trois formules lacaniennes qu’il met en tension : « Il n’y a pas de rapport sexuel corrélatif du Yadl’Un. […] Il y a le corps. »

Charles-Henri Crochet

Advertisements
Posted in: Actus, Editorial