Editorial Mars 2012

Posted on 18 mars 2012

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Mars 2012

Évaluer à l’aune d’une subjectivité inentamable

 

 

Notre évaluation

L’ACF IdF est engagée dans la recherche clinique et théorique au sein de divers ateliers de lecture, de groupes de travail et de cartels. Ces travaux sont régulièrement scandés lors d’après-midi d’étude ou soirées. Les membres de l’ACF IdF exposent leurs travaux et les soumettent à la discussion, c’est là, une de nos formes d’évaluation… Ce travail rigoureux s’expose à qui veut l’entendre ! Nos réunions sont ouvertes au public. Des praticiens plus chevronnés y participent de même que ceux qui font leurs premiers pas dans la clinique. Là, est soumis à la discussion, au questionnement les exposés des jeunes et moins jeunes chercheurs cliniciens.  Travaux qui se trouvent à être publiés dans nos revues et bulletins.

Cette série de recherches clinique et théorique sur la particularité du savoir se poursuit depuis la création de l’ACF IdF. L’expérience orientée par la psychanalyse est prise dans les rets du sujet supposé savoir et dans les affres de l’amour de transfert avec un enfant, avec une femme, avec un homme, considérés chacun comme des sujets à part entière. Ce rapport au savoir ne peut s’inaugurer que du un par un dans le dispositif de l’orientation lacanienne. Il se fonde sur ce qui fait symptôme chez l’être parlant. Nous avons affaire au particulier qui se disjoint de tout universel et ne s’y laisse pas dissoudre. Ce particulier, nous pouvons le dire avec Jacques-Alain Miller, est « rendu à la singularité, à l’originalité voire à la bizarrerie du cas par cas. »[1]

Notre éthique

Considérer l’inentamable pour chaque sujet engage dans une clinique qui ne peut se résoudre à rééduquer, étiqueter, classer, cocher, évaluer et reformater. Un pratique qui s’oriente de la psychanalyse fait avec du singulier de l’universel. Elle donne une place au singulier dans le discours contemporain. Elle permet au sujet de prendre à son compte ce qui lui arrive ou de mettre en place son propre bricolage afin de pouvoir prendre une place dans le discours, dans le lien social.

Dans une civilisation qui prône le tous pareils, l’efficacité, le zéro défaut, le couple problème/solution, les protocoles scientistes, nos travaux mettent en exergue qu’il est encore possible de mesurer la subjectivité à l’aune d’une singularité inentamable. Nos recherches montrent comment les constructions propres au sujet ont, pour lui, une valeur pérenne qui n’a de comparaison avec, les modes éphémères, des injonctions orthopédiques du discours du maître moderne. L’enfant, ses parents, sa famille chacun, peut faire usage de la rencontre qui lui est proposée face à l’insupportable du désordre qui règne en chaque sujet.

Cette position éthique qui s’inscrit dans un « Savoir ne pas savoir »[2], celle d’un accueil qui ne se laisse pas envahir par une recherche effrénée de la normalisation et une dictature de la standardisation. Cette position, issue de la cure de chacun, permet qu’une construction, une invention du sujet émerge. Ce « je n’ai pas de savoir a priori à plaquer», cette docilité réglée sur le sujet, lui permet de se mettre au travail. Il ne s’agit pas de passivité, comme d’aucun pourrait nous le reprocher, il s’agit là d’un Autre qui sache laisser la place à ce vide de savoir en en faisant la condition éthique pour qu’advienne l’invention propre d’un sujet. Ceci permet au praticien de repérer quelle offre faire au sujet, quelle orientation prendre.

Charles-Henri Crochet

Délégué régional ACF IdF

Chrochet@free.fr


[1] Miller J.-A., La « formation » de l’analyste, la formation entre guillemets des psychanalystes, La cause freudienne, n°52, Paris, Navarin, nov. 2002.

[2] Virginio Baio

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