Editorial Avril 2011

Posted on 3 mai 2011

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vril 2011

« L’idée du tout à quoi fait objection la moindre rencontre du réel. » 1

Et retour… À suivre !

L’Atelier de lecture des textes de Jacques Lacan, Passage à l’acte et criminologie lacanienne s’est engagé, en septembre 2010, à lire les textes de l’enseignement de Lacan concernant la criminologie. Trois groupes, se sont constitués : le premier autour des textes des années 30, le second s’est arrêté à l’enseignement de la fin des années 40 et 50 et le troisième explore le  dernier Lacan.

Fin mars, l’ACF IdF a ponctué, en une seconde après-midi d’étude, le parcours du deuxième groupe d’étude de l’Atelier. Ce second temps, Passage à l’acte et responsabilité, fut orienté avec générosité et rigueur par François Leguil. Anecdotes et actualité n’ont pas manqué de scander ses interventions. Pointons l’une d’entre-elles : Il y a une obnubilation quant à la res­ponsabilité pénale. C’est une infatuation ! La responsabilité arrive quand on ne peut la penser. On est d’autant plus responsable quand on ne peut la penser […] Et en effet, « la responsa­bilité c’est le châtiment ». C’est dans l’après coup du châtiment que surgit la responsabilité.

La troisième scansion de l’Atelier exposera ses trouvailles sur le dernier Lacan, lors d’une après-midi en fin d’année. L’engagement et le travail rigoureux de ces trois groupes d’étude nous enjoignent à penser d’ores et déjà à la poursuite de l’Atelier pour l’an prochain. Certains s’y rallient encore, il est toujours temps, pour d’autres, de le faire.

L’abord de la criminologie n’est pas sans lien avec la santé mentale, c’est un truisme. Ça fait désordre !  fut l’autre scansion, à la charnière d’avril, de l’ACF IdF. Nous progressons vers PIPOL 5, congrès fondateur de l’Eurofédération de Psychanalyse dont l’ACF est membre. Les exposés, chacun appuyés sur une citation de Lacan, ont été articulés autour d’une lecture studieuse des textes de Freud agrémentés d’exposés de cas cliniques. Notre invitée, Susanne Hommel a su nous faire entendre, dans le texte, combien la lecture des textes freudiens éclai­rés par Lacan est précieuse et toujours d’actualité. Voici un point extrait de ses interventions à propos de l’article « Analyse finie et analyse infinie », un des derniers textes de Freud qui concernent effectivement toutes l’œuvre de Freud. […] La loi est extirpée du chaos. De l’hu­main, véritable chaos, advient la loi. De fait, poser des limites à un enfant à partir de ce qu’il dit, ordonne la clinique différemment […] C’est à partir de ce que le sujet  dit que du chaos advient un ordre, des règles…

Le groupe d’étude de Boulogne et le cartel de Versailles poursuivent leurs recherches en se donnant pour point d’orgue Bruxelles. Nous nous y retrouverons le 4 et 5 juillet.

Cartel à ciel ouvert

Pour ce mois d’avril, le cartel-séminaire « Noms et nomination » animé par Pascal Per­nod, scandera son travail comme chaque mois. Pour cette 5ème soirée, Marie-Claude Sureau, membre du cartel, Directrice de l’Envers de Paris nous parlera des « efforts de réplique », de nomination et d’agrafe. Le Dr Bertrand Lahutte, secrétaire du comité de coordination de notre ACF déploiera « trois recours à la nomination » à partir de vignettes cliniques.

Le Congrès de l’AMP en avril 2012 à Buenos-Aires, sera l’aboutissement de ce séminaire-cartel et des trois cartels constitués à sa suite qui de leur côté sont au travail.

Afin de poursuivre notre travail, la revue de l’ECF N° 77 publie un article d’Eric Laurent « L’impossible nomination, ses semblants, son sinthome » et un texte de Pascal Pernot « La Bedeutung du nom » issus de la première soirée du cartel-séminaire du 10 novembre 2010 intitulée « l’impossible nomination, ses semblants, son sinthome. ».

L’express pour la 41ème

Par ailleurs, des cartels express se constituent pour mettre à l’épreuve ce que nous entendons de la spécificité de l’orientation lacanienne. Sous l’impulsion de la déléguée aux cartels pour l’ACF IdF, Mariana Alba de Luna, un tirage au sort express pour cartels express a été effectué lors de la soirée du 31 mars. Il est toujours temps de vous y adjoindre.

La spécifié de la Praxis lacanienne de la psychanalyse sera au cœur du débat lors des jour­nées d’automne. Notez, dès à présent, que notre après-midi d’étude orientée par ce thème se tiendra le 25 juin prochain.

À lire !

Sous une autre forme, l’étude, la recherche et la transmission de la praxis analytique laca­nienne a engagé deux membres de l’ACF IdF vers un travail de publication. Deux analystes, chacune avec leur style, témoignent de leur pratique et transmettent ce qu’est la spécificité de la praxis analytique.

Pour son livre Les enjeux de l’adolescence aux Éditions Michèle, Hélène Deltombe sera re­çue par l’ACF IdF lors d’une soirée versaillaise en mai prochain. Son étude de l’adolescence s’appuie sur des récits de cas. Elle déploie la manière dont elle utilise dans sa pratique « le dé­sir de scansion » propre à l’adolescence pour en faire un véritable levier dans la cure, sachant lire entre les lignes ce qui n’est pas écrit. De l’adolescent accolé au mur de l’enfance surgit l’éveil du printemps et la découverte de sa fragilité. Via la rencontre avec un analyste, l’ado­lescent articule ce qui fait traumatisme pour lui et constitue un savoir sur la vérité. C’est de sa pratique qu’Hélène Deltombe tire enseignement qu’elle transmet avec rigueur et simplicité.

Fragilité, écart, passage, saut vertigineux, il en est aussi question dans le livre de Michèle Laboureur, Jérôme et ses quelques traits d’autisme, sous titré Séparation et inquiétude, une analyse, publié chez l’Harmattan. M. Laboureur nous décrit avec une précision méticuleuse l’analyse d’un jeune garçon, Jérôme. Pas à pas, au rythme du sujet, elle déploie l’éveil de cet enfant en proie à un Autre monolithique. Ce travail de chercheur se fait au fil des séances. Là aussi c’est l’analysant qui enseigne. Un travail de dentellière au plus près de la singularité du cas.

Nous ne pouvons finir sans mentionner le livre dirigé par Stella Harrison, notre chère collè­gue membre de l’Envers de Paris, intitulé Virginia Woolf, l’écriture, refuge contre la folie. Ce collectif rassemble des articles de psychanalystes et de chercheurs en littérature anglaise. Ils nous parlent de la mise à distance par Virginia Woolf de « l’horreur » grâce à l’écriture. Mais ce n’est pas sans y revenir au jour le jour pour que le nouage, si ténu, tienne un petit peu.

À lire donc…

Poète

Si l’ONU, à notre entendement, reste obscure en matière de santé mentale et autres procla­mations, il en est une, disons le sans vergogne, qui nous parait tout aussi décalé mais quelque peu sympathique. En 1999, via l’UNESCO, l’ONU donne à la poésie sa journée mondiale officielle soit le 21 mars. Nul n’en fit cas…Mais le printemps, en son entier, n’est-il pas dédié aux poètes ?

C’est sur cette voie de la poésie que nous orientait Lacan. Alors référons nous aux dits du poète Boileau pour circonscrire quelque chose du travail des membres de l’ACF en IdF. Là où, chacun à son rythme, avance dans l’enseignement de Lacan. Aller-retour incessant du divan de la cure à la table de travail mais pas tout seul. Les modes d’approche et de mise au travail de l’ACF IdF sont divers et variés chacun peut y trouver un place où loger son étude avec son propre style.

Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,

Et ne vous piquez point d’une folle vitesse ; […]

Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :

Polissez-le sans cesse et le repolissez ;

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. (2)

Charles-Henri Crochet

Délégué régional de l’ACF-IdF

1 Lacan, J., « Préface à l’éveil du printemps », Autres écrits, Paris, Le Seuil, 2001, p. 562.

2 Boileau, Satires, Épîtres, Art poétique, Paris, Gallimard, 1985.

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